Région MENA : Réformer l’enseignement supérieur pour résorber le chômage et stimuler l’économie

04/11/2015
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Dans sa dernière Note économique tout juste parue, la BAD met l’accent sur l’un des problèmes cruciaux qui se posent à a région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA), propulsé d’ailleurs à l’avant-scène lors des “Printemps arabes” : le chômage endémique des jeunes diplômés de l’université. Une situation qui appelle à un changement radical de l’enseignement supérieur, de sorte d’améliorer la qualité de les enseignements prodigués et de favoriser l’employabilité des diplômés – le travail indépendant notamment. Tel est l’objet d’étude de cette nouvelle publication, intitulée « Pour une réforme fondamentale des modes d’enseignement dans la région MENA ».

De fait, l’inadéquation entre les qualifications des diplômés et les besoins du marché du travail et des recruteurs s’avère l’une des causes profondes et récurrentes du chômage. Les jeunes diplômés de la région affichent une formation “monodimensionnelle”, qui se caractérise par des compétences limitées, un profil d’emploi restreint et une mobilité professionnelle faible. En outre, si la population estudiantine n’a cessé de croitre en nombre à un rythme élevé dans la région, cette évolution ne s’est pas toujours accompagnée d’une amélioration de la qualité du corps professoral, non plus du développement des infrastructures universitaires, ni d’emplois créés en nombre suffisant.

Dans  un environnement mondial en mutation rapide et fondé sur les technologies, le rôle traditionnel des universités doit changer. Il faut  aussi impliquer le secteur privé, afin de stimuler l’économie. Pour ce faire, les programmes d’enseignement doivent encourager l’entrepreneuriat, l’innovation et la création de valeur grâce aux technologies.

Les cours et programmes nouveaux ou remaniés qui mettent l’accent sur l’apprentissage interdisciplinaire, l’expérience pratique, les programmes d’échange d’étudiants et les initiatives entrepreneuriales permettent aux étudiants d’acquérir de bonnes pratiques et d’interagir avec des cultures diverses et de tous horizons. Ils permettent aussi de changer les mentalités et d’abattre les cloisonnements qui isolent les universités de la région MENA les unes des autres depuis tant d’années. Nouer des liens ou de solides partenariats entre les universités, les gouvernements respectifs de la région et le secteur privé est un autre moyen de faire émerger un écosystème propice à la création d’emplois et de nouvelles entreprises ; et, partant, de créer de nouvelles opportunités d’emplois salariés ou indépendants.

Réformer l’enseignement supérieur dans les pays de la région MENA profitera aux futurs diplômés : mieux formés, exercés à la diversité et à la pratique, ouverts sur le monde qui les entoure et encouragés à l’innovation, ils répondront ainsi davantage aux besoins du marché de l’emploi. Surtout, ils seront mieux armés pour tirer parti de leurs compétences et de leurs talents pour s’insérer dans un cadre professionnel plus gratifiant et durable. Ils créeront de la valeur par et pour eux-mêmes, mais aussi au profit des économies de leurs pays respectifs.