Les Zones économiques spéciales ne sont pas une fin en soi, déclare le ministre nigérien de l’Agriculture, Akinwumi Adesina

23/05/2014
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Des panélistes se sont réunis le 21 mai 2014 à Kigali, au Rwanda à l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) pour discuter du thème « Zones économiques spéciales : capitaliser l’expérience ». L’objectif était d’analyser  la manière dont les pays africains pourraient adopter la philosophie de Zone économique spéciale pour accélérer leur croissance économique.

Depuis 2009, des Zones économiques spéciales (ZES) ont vu le jour dans plusieurs pays africains dont la Zambie, l’île Maurice, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Égypte et l’Algérie. Et d’autres sont en cours de préparation. Cependant, il y a encore des doutes sur leur efficacité : les performances sont  mitigées et peu d’emplois ont été créés.

Le département de la stratégie et des politiques opérationnelles de la BAD travaille en partenariat avec le Centre chinois de recherche sur les Zones économiques spéciales de l'université de Shenzhen. Avec pour objectif de tirer des enseignements du rôle que les ZES ont joué dans la transformation économique de la Chine et voir comment ce système pourrait s'appliquer en Afrique.

Partageant l’expérience de la Chine, Yitao Tao, du Centre chinois de recherche sur les Zones économiques spéciales de l'université de Shenzhen en Chine, a indiqué que l’un des secrets de la transformation économique de la Chine – une économie agricole et industrialisée affichant une croissance moyenne de 9 % par an – a été la création de zones économiques.

Yitao a ajouté que le développement extraordinaire de Shenzhen sur une période relativement courte offre au monde une alternative pour sortir de la pauvreté généralisée grâce à la  stratégie de croissance déséquilibrée. « L’approche de Shenzhen - ‘oser être le meilleur’ - a servi de modèle pour la réforme générale et le processus d’ouverture en Chine ».

Le ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie, François Kanimba, a déclaré que l’idée d’une ZES au Rwanda a germé en 2006, lorsque le gouvernement envisageait de développer une Zone de libre-échange et une zone industrielle du côté adjacent. « En 2010, nous avons fusionné les deux zones et créé une Zone économique spéciale en  réexaminant les types d’activités qui devraient être éligibles dans la Zone », a-t-il dit.

Selon le ministre Kanimba, compte tenu du plein taux d’occupation de la ZES actuelle, le gouvernement du Rwanda a décidé de développer 178 hectares supplémentaires dont 60 % ont déjà été réservés.

« Ceci facilite nos objectifs ambitieux d’attirer les investisseurs, dont beaucoup considèrent le Rwanda comme une zone de distribution potentielle dans la région. Nous attendons toujours de tirer parti de cette ZES », a ajouté le ministre Kanimba.

Pour le ministre nigérien de l’Agriculture et du Développement rural, Akinwumi Adesina, « La ZES n’est pas une fin en soi. Pour l’Afrique, c’est une démarche constructive, mais nous devons faire la différence  entre les attentes et la réalité. Selon Adesina, les Africains devraient discuter de méthodes pour accroître les macroéconomies générales afin que le continent puisse entrer dans la compétition de l’économie mondiale.

« L’agriculture est le secteur dans lequel nous disposons d’un avantage compétitif aujourd’hui. Il est essentiel de savoir comment introduire un modèle spécial qui fonctionne pour nous. La ZES n’est pas en soi une panacée. Nous devons penser différemment, disposer d’une infrastructure consolidée, tirer profit de notre agriculture et pouvoir rivaliser sur le marché international », a conclu Adesina.