Perspectives économiques au Cameroun

  • La croissance se situe à 4.7 % en 2016 mais elle baisse d’un point par rapport à 2015 en raison du recul du secteur secondaire et plus particulièrement des industries extractives.
  • Une politique de diversification accrue de l’économie dans le secteur primaire et la rationalisation des choix d’investissement en infrastructures permettent d’atténuer les déséquilibres budgétaire et du compte courant.
  • Dans une perspective d’industrialisation, la valorisation des productions agro-sylvopastorales et l’exploitation judicieuse des ressources minières, minérales, énergétiques se prêtent à une montée dans les chaînes de valeurs, sous réserve de réformes sectorielles et de l’amélioration de l’environnement des affaires. 

La conjoncture internationale et régionale a influencé les performances de l’économie camerounaise en 2016. Le choc pétrolier et la crise sécuritaire régionale qui touche l’extrême Nord du pays ainsi que les dévaluations compétitives de la monnaie nigériane ont eu un impact sur les activités économiques et les échanges de biens et services. Cependant, l’économie a été résiliente. La croissance est estimée à 4.7 % en 2016, en recul par rapport à 2014 et 2015 lorsqu’elle flirtait avec les 6.0 %. La politique budgétaire a été modérément expansionniste, marquée par la conduite des grands projets d’infrastructures. Le déficit budgétaire s’est creusé atteignant 3.3 % du PIB en 2016 contre 2.5 % en 2015. La diversification de l’économie dans les chaînes de valeurs agricole et de la sylviculture s’est poursuivie.

Quant à la politique monétaire, elle est demeurée modérément expansionniste, à l’instar des années précédentes, en lien avec l’orientation de la politique budgétaire. Ceci a induit un accroissement de la masse monétaire de 9.2 %, passant de 3 635.3 milliards XAF (Franc CFA EAC) en août 2015 à 3 969.8 milliards en août 2016. L’atonie de la reprise économique dans les principales zones d’échanges au sein de l’Union européenne (France, Allemagne), en Asie (République populaire de Chine) et en Afrique de l’Ouest (Nigéria), qui concentrent 80.4 % des partenaires commerciaux du Cameroun, n’a pas soutenu le solde courant dont le déficit est estimé à 4.8 % du PIB en 2016 contre 4.2 % en 2015. Ainsi, les avoirs extérieurs nets ont connu une diminution en glissement annuel de 5.5 % passant de 1624.6 milliards XAF en août 2015 à 1 535.4 milliards en août 2016, correspondant à environ cinq mois d’importation. Le taux d’inflation en 2016 se situe à 2.2 % contre 2.7 % en 2015. À moyen terme, ce taux se maintiendrait en deçà du seuil de convergence fixé à 3.0 % en zone de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Les perspectives de croissance à moyen terme continueront d’être favorables avec une prévision de 4 à 5 %. La croissance sera tirée par le secteur non pétrolier en bénéficiant des dividendes des politiques de diversification économique et des incitations à l’investissement. Les performances économiques enregistrées par le pays depuis quelques années ont un impact positif sur la pauvreté dont le taux a baissé de 2.4 points entre 2007 et 2014. Mais la croissance devra être plus inclusive pour réduire les inégalités.