Vous êtes ici

Perspectives économiques de l'Angola

Performances macroéconomiques et perspectives

L’Angola continue de faire face à un environnement macroéconomique difficile depuis la forte baisse des prix du pétrole en 2014. Selon les estimations, la contraction du PIB réel s’élève à 0,1 % en 2019, signe que la récession n’est pas encore terminée. Un redressement semble toutefois se profiler, avec une croissance de 2,8 % prévue pour 2020. Le choc pétrolier de 2014 a entraîné une baisse des recettes pétrolières de 35,3 % du PIB à 17,5 % en 2017, générant un déficit budgétaire estimé à 0,1 % du PIB en 2019. La taxe sur la valeur ajoutée, adoptée en 2019, devrait élargir l’assiette fiscale et réduire la dépendance des pouvoirs publics à l’égard des revenus pétroliers.

L’excédent du compte courant, diminué par la baisse des recettes d’exportation du secteur pétrolier, devrait se réduire, passant de 6,9 % du PIB en 2018 à 0,5 % en 2019 selon les estimations. La pression exercée sur le taux de change et l’inflation se poursuit. Afin de réduire la surévaluation du taux de change réel et faire en sorte que les réserves internationales restent adéquates, les pouvoirs publics ont assaini les dépenses publiques et accru la flexibilité du taux de change. Le ciblage des réserves monétaires mis en place fin 2017 commence à stabiliser l’inflation, qui a chuté de 29,8 % en 2017 à 17,5 % en 2019. Les déficits budgétaires sont financés par la dette extérieure et par le soutien financier des organisations multilatérales selon les estimations.

Les pénuries de devises étrangères occasionnent généralement des problèmes pour le secteur des biens échangeables (principalement non pétrolier). Le secteur manufacturier s’est contracté de 6,5 % au premier trimestre de 2019. En revanche, les secteurs de la construction, de l’électricité et de l’agriculture ont affiché une croissance positive, ce qui dans l’ensemble a permis le développement du secteur non pétrolier. Le taux de chômage s’élève actuellement à 28 % et le taux de croissance du PIB réel par habitant devrait demeurer négatif compte tenu de la faible productivité et de la forte expansion démographique.

Facteurs favorables et défavorables

Les réformes structurelles contribueront au redressement économique à partir de 2020. Des investissements stratégiques dans les infrastructures, le capital humain et les marchés des crédits devraient permettre de diversifier l’économie angolaise, d’améliorer sa balance des paiements courants et de générer des réserves internationales (le pétrole et les diamants représentent environ 98 % des exportations). L’appui des pouvoirs publics pour la diversification des exportations et la substitution aux importations vise des secteurs prioritaires afin que ces derniers puissent bénéficier d’initiatives telles que le programme de soutien au crédit annoncé en mai 2019. Le renforcement des investissements dans l’énergie stimulera la croissance.

Les investissements qui sélectionnent les activités et les chaînes de valeur dans l’agriculture, la pêche et la pétrochimie sur la base des avantages comparatifs doivent être alignés sur l’amélioration des compétences et le développement du capital humain.

La réduction de 9 % de la production de pétrole en 2018 est due au vieillissement des infrastructures pétrolières et aux mauvaises performances des nouveaux gisements. La faiblesse des compétences de la main-d’oeuvre entrave également l’investissement privé et la diversification économique, puisque seulement 15 % des femmes et 21 % des hommes terminent leurs études secondaires. L’environnement économique se doit d’améliorer la compétitivité et la croissance par le biais du secteur privé. Les réformes structurelles et la stabilisation macroéconomique doivent ouvrir la voie au redressement économique, à la diversification et à la création d’emplois.

Des réductions progressives des subventions pour l’eau, l’essence, l’électricité et les transports publics sont prévues en 2020 dans le cadre d’un effort de rationalisation du système fiscal et de génération de recettes non pétrolières. La probabilité d’une augmentation des investissements et de la participation du secteur privé à l’économie est limitée, mais elle devrait s’améliorer compte tenu du programme de privatisation annoncé en août 2019 (touchant 195 entreprises publiques). L’Autorité de régulation de la concurrence a été établie en février 2019 pour renforcer la concurrence dans le secteur privé.